Sculpture, origines

par Harald Fernagu | Fév 10, 2017 | Origines

Harald Fernagu

Harald Fernagu

Harald Fernagu crée sur le thème du corps qui peine à suivre dans notre société frénétique contemporaine.

Harald Fernagu, As we go along n°4, 2020

Un enfant dyslexique échappe à une partie de la normalisation du monde. Sa perception est circulaire, spacialisée. Il ou elle est en perpétuelle immersion dans cette complexité. Enoncer une simple chose semble impossible, tant beaucoup d’autres la rejoigne. Lorsque la norme le ou la rattrappe, elle est brutale, réductrice, incompréhensible. Elle vous noie, dans ce que vous pensez avoir réussi à comprendre, sous une avalanche de contradiction. Vous voilà seul.e malgré vous, au centre d’une guerre entre la surrexitation de vos sens et la loi des adultes. Les autres enfants eux, semblent déjà loin, à la porte de ce monde inaccesible. La dyslexie vous exclu.e du groupe alors que l’hypersensibilité qu’elle distile vous ordonne, comme un aimant, de le rejoindre.

L’art parce qu’il est circulaire, spacialisé, sensible, parce que toutes choses, dans l’absolu, à tout moment, peuvent le rejoindre est un outil de langage et d’exeption. A travers lui ma démarche est modeste, réussir ce qui me semblait iné chez les autre: partager ce que je pense et ressent. Pour ne quitter, n’exclure personne, j’ai choisi des médiums simples d’accès: le volume et l’image. J’empile, j’agglomère en usant de pratiques connues de toutes et tous, empruntées aux arts populaires. Je bricole, je cloue, je visse, je colle et soude des objets de proximité, des formes simples entre elles, pour construire, comme un enfants qui joue, le monde qui me parle, que j’interroge, pour parler de vous, de nous.

Harald Fernagu