Memento Mori

Je veux renforcer l’idée d’architecture. Le carrelage, c’est la maison, et dans ce dispositif, c’est baroque ! La genèse de ces crânes vient des rituels macabres de Naples. À la fin de la Seconde guerre mondiale, les habitants se sont parfois retrouvés privés des corps de leurs proches. Ce fut une catastrophe pour eux car ils ne pouvaient pas faire leur deuil. Ils sont rentrés dans les catacombes, ont récupéré des crânes et creusé sur les lieux de petites niches dans les murs. Ils ont passé un pacte : « Je m’occupe de toi, et toi en échange, tu prends soin de mon mort ». Au fur et à mesure, les gens portaient un bouquet de fleurs en plastique, une photo de la personne disparue, un collier, une guirlande de lumière, rien de trop précieux. Ils recouvraient les niches de carrelage de récupération. À la fin des années 1980, Jean-Paul II a demandé à l’évêque de Naples de mettre fin à ces pratiques car l’église n’avait pas main mise dessus ; il n’y avait pas de prêtre pour organiser le cérémonial. Les catacombes ont été murées. Ce que j’aime dans cette pratique, c’est le rituel d’ornementation. Les gens mettaient beaucoup d’eux-mêmes. Lire plus ici.

Medium

Sculpture & Installation

Exposition

Centre d’art Istre

Année

2014